Jean-Michel Aulas et Juninho
Jean-Michel Aulas et Juninho (Photo by PASCAL GUYOT / AFP)

A l’OL, "on ne touche pas à l’icône Juninho"

Mercredi, les kops de supporters ont rendu hommage à Juninho, qui avait fêté ses 48 ans deux jours avant. Néanmoins, ces chants à la gloire de l’ancien numéro 8 de l’OL se sont inscrits dans la guéguerre médiatique que se lancent Juninho et Jean-Michel Aulas depuis un an.

Il a beau ne plus être au club depuis plus d’un an, Juninho continue d’être l’un de sujets d’actualité préférés à l’OL. Ayant quitté son poste de directeur sportif à la hâte en décembre 2021, Juninho avait été la première pierre à se fissurer dans le mur pourtant solide lyonnais. Le départ et la façon de faire sont regrettables de la part du Brésilien mais treize mois après, l’ancien milieu continue de faire la pluie et le beau temps entre Rhône et Saône. Depuis une semaine, la passe d’armes entre l’idole de Gerland et Jean-Michel Aulas est repartie de plus belle après une intervention sur RMC de Juninho. Considérant que faire venir Rayan Cherki serait une bonne affaire pour le PSG, il s’est attiré le courroux de son ancien patron.

En assumant clairement avoir fait une erreur en confiant les clés du camion à Juninho, le président Aulas n’a fait que renforcer la fracture qui se créé depuis des mois entre le pouvoir décisionnel et les supporters lyonnais. Oui, Juninho n’a pas tout bien fait lors de son retour à l’OL. Oui, le costume de directeur sportif n’était peut-être pas celui qu’il lui aurait fallu. Sur ces points-là, difficile de ne pas donner raison au président. Seulement, la guerre des mots (et des maux) qui se joue depuis un an n’aide en rien à faire remonter la pente d’un club où l’environnement est de plus en plus néfaste.

"On parle d’externaliser l’échec, c’est ce que fait le président actuellement en rejetant la faute sur Juninho. Certes, il lui avait donné les pleins pouvoirs sportifs mais à un moment donné, il y a un président qui valide, les directeurs généraux, Vincent Ponsot donc il n’était pas sans savoir ce qu’il se passait au niveau sportif, a déclaré Nicolas Puydebois dans Tant qu’il y aura des Gones. Ce qui m’attriste, c’est que le président Aulas méritait une autre sortie. Plutôt que de se construire un vrai éloge, il est en train de se construire un vrai mur avec les supporters alors qu’il nous a faits rêver."

Juninho n'a pas tout bien fait mais reste l'idole des supporters

Au final, c’est un sentiment de gâchis qui prédomine au moment de se souvenir de ce qu’avait engendré le retour de Juninho. Propulsé pour calmer une partie de la gronde populaire en 2019, l’ancien capitaine joue finalement encore les fusibles dans le marasme lyonnais. Avec son franc-parler, il ne fait guère redescendre la pression sur RMC quand il parle de Vincent Ponsot ou Rudi Garcia, bien qu’il cherche au maximum à éviter de parler de son ancien club.

Seulement, entre Juninho et l’OL, l’amour sera toujours là et il sait surtout qu’il pourra toujours compter sur la frange populaire du club pour continuer d’exister. En entonnant les "Juninho, lalala, Pernambucano, lalala" mercredi soir contre Brest, les Bad Gones et Lyon 1950 ont fait plus que souhaiter un bon anniversaire à leur ancien maitre artificier. Dans le combat médiatique que se livrent les deux plus grands noms de l’histoire lyonnaise, les groupes de supporters ont clairement pris position. Comme ont pu nous le dire certains après le match, "on ne touche pas à l’idole qu’est Juninho".

Une guéguerre qui affaiblit un peu plus l'OL

Cette marque d’affection a été appréciée dans l’entourage du Brésilien et renforce la fracture. Après ses déclarations contre les supporters à la sortie de la défaite contre Strasbourg, Jean-Michel Aulas voit encore l’opinion populaire se détourner. 

"Il perd de l’énergie et il gagnerait à prendre de la hauteur. Le président aimerait qu’il n’y ait qu’une star à l’OL et que ce soit lui. Celui qui a fait gagné des titres à l’OL et qui est devenu une icône absolue, c’est Juni et il ne pourra jamais rien faire contre ça, a poursuivi Nicolas Puydebois. Le président ne pourra jamais aller contre l’opinion populaire. Juninho a fait des bonnes et moins bonnes choses comme directeur sportif mais il reste malgré tout l’icône absolue."

A force d’orgueil mal placé chez les uns et les autres, l’OL est la première victime de ces erreurs partagées que personne n’assume vraiment. Aujourd’hui, le chantier est immense avec ou sans Juninho. Si personne ne s’est quitté bons amis, l’heure serait de prendre de la hauteur pour le bien d’un club que Juninho et Jean-Michel Aulas aiment tant.

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