Pour la troisième fois depuis son début de l'OL en janvier 2025, Pierre Sage va faire son retour à Décines. Après Lens, il débarque dans la peau d'un coach d'une équipe étrangère : Crystal Palace. Si la formation londonienne apprend encore les préceptes du natif de Lons-le-Saunier, ce dernier découvre également l'exode.
C'est un avant-entraînement comme il est très rare d'en voir. Mercredi soir, Crystal Palace ne débutait son entraînement qu'à 18h30. Pourtant, la zone technique grouillait déjà de monde un quart d'heure avant. Il y avait des sourires, des tapes dans le dos, des échanges. Non pas entre Pierre Sage et ses joueurs, à vingt-quatre heures du coup d'envoi de la rencontre de la deuxième journée de Ligue Europa. Mais bien avec les suiveurs lyonnais, restés en nombre pour la conférence de presse de l'ancien coach de l'OL. Avec Jamal Alioui et Damien Della Santa, ses fidèles adjoints, il y avait un brin de nostalgie qui s'était emparée du Parc OL.
"Je suis plus détendu que pour mon premier retour"
Ils n'ont beau être resté qu'un peu plus d'un an, la marque semble indélébile pour le trio comme pour ceux qui suivent le club lyonnais. Qu'ils soient journalistes, supporters, la saison 2023-2024 aura créé un lien que rien ne semble pouvoir casser. Ce jeudi, les marques d'affection devraient encore être nombreuses. Des retrouvailles avec des membres du staff de Paulo Fonseca, des applaudissements et chants du Parc OL.
Mais, désormais, Pierre Sage est un peu plus armé pour tout ça. "Je suis un peu plus détendu que la première fois. La deuxième fois, j'étais plus détendu que la première fois. J'espère continuer à l'être demain (jeudi) parce que c'est important d'avoir les idées claires dans ces moments-là", a-t-il déclaré mercredi. Car oui, il y a bien un match de football à jouer ce jeudi soir au Parc OL. Et s'il ne s'interdit pas de revenir porter un jour le costume d'entraîneur du club lyonnais, Pierre Sage reste un adversaire.
Une gymnastique en anglais pas facile à gérer
Un adversaire qui a fait mal la saison passée avec le RC Lens, gâchant une perspective de titre et de qualification directe pour la Ligue des champions. Il est désormais le coach d'un club du "meilleur championnat du monde" d'après Paulo Fonseca et Tyler Morton. Une première pour le technicien de 47 ans et ainsi un saut dans l'inconnu. Mercredi, le staff français du club londonien a été un peu déboussolé, utilisant la langue de Molière bien plus qu'il n'en a l'habitude depuis maintenant quatre mois. C'est plutôt dans la langue de Shakespeare qui rythme le quotidien de Sage et c'est une gymnastique qu'il faut encore prendre, même quand l'anglais n'a jamais été un point faible.
Est-ce que cela l'empêche de totalement mettre en place sa philosophie chez les Eagles ? Certains concepts sont plus difficiles à expliquer, mais la mayonnaise commence petit à petit à prendre. "Certaines choses ont changé, peut-être en termes de pression et de positionnement du jeu, mais nous sommes toujours confiants dans le développement de notre jeu. Il y a eu quelques changements, bien sûr, mais ce n'est pas des choses très importantes par rapport à ce que faisait le coach Glasner", a assuré Jaydee Canvot.
Même à Londres, il n'oublie pas l'OL et Lyon
Comme dans toute nouvelle aventure, il y a une période d'adaptation et Pierre Sage, son staff et ses joueurs n'y échappent pas. Cela a fait couler beaucoup d'encre à Londres après trois défaites en quatre matchs pour lancer la saison. Mais, la vie londonienne prend petit à petit forme et permet de vivre désormais des matchs à haute intensité chaque week-end, de vivre un mode de management différent de celui en France et donc de rajouter une corde à l'arc.
Vivant seul dans la capitale anglaise, comme c'était déjà le cas à Lens, Pierre Sage vit foot, mange foot et dort foot. Et quand bien même il est à près de mille kilomètres de sa compagne, de son club de coeur, il n'en oublie jamais Lyon. Ce ne sont pas les "Lyondoners", groupe de supporters de l'OL basé à Londres, qui diront le contraire, eux qui ont eu les bonnes surprises d'échanger avec "celui qui a sauvé le club" à plus d'une reprise. Comme pour garder un lien et une attache à ses racines pour ne pas perdre le nord.
