Lyon’s French midfielder Clement Grenier (C) react as he vies for the ball with Saint-Etienne’s Senegalese defender Moustapha Bayal Sall (R) and Saint-Etienne’s French defender Kevin Theophile-Catherine (L) during the French L1 football match between Saint-Etienne (ASSE) and Lyon (OL) on January 17, 2016, at the Geoffroy Guichard Stadium in Saint-Etienne, central France. AFP PHOTO / JEFF PACHOUD / AFP / JEFF PACHOUD

OL : perdre, mais avec dignité

Ce dimanche, l'OL s'est incliné contre toute attente dans le derby contre Saint-Etienne (1-0). Oui, Lyon a dominé le match de la tête et des épaules. Mais il faut savoir perdre et se servir de la défaite pour avancer.

Clément Grenier a sans doute exprimé l'opinion de bons nombres de supporters lyonnais à l'issue du match contre Saint-Etienne. "Je préfère perdre comme ça plutôt que de gagner en jouant comme les Stéphanois ont joué." C'est beau, c'est bien pensant, mais ce n'est pas à dire. Plutôt que de fustiger le jeu de l'équipe adverse (qui repart avec les 3 points faut-il le rappeler), il vaut mieux se concentrer sur soi-même.

Plus de jeu vert l'avant

ASSE OL positionnement

A partir du quart d'heure de jeu, Saint-Etienne lâche un peu son pressing et son bloc recule sur le terrain. C'est à ce moment-là que l'OL a bien développé son jeu, d'où aussi la fin du pressing, bien cassé par la justesse technique lyonnaise dans la relance.

 

Les choses sont claires dès le début du match. Même à domicile, Saint-Etienne a décidé de jouer très bas et en contre lors des récupérations de ballon (image 1). C'est pourquoi les Verts ne récupèrent la gonfle qu'à 35 mètres de leur but, contre 38 mètres en moyenne durant la rencontre pour les Gones. Cependant, dans les 20 premières minutes, les hommes de Christophe Galtier exercent un gros pressing si possible dans le camp adverse (image 2). En effet, à la 15e minute, Saint-Etienne récupère à le ballon à 48 mètres des buts de Ruffier. La ligne de 3 attaquants harcèle les défenseurs rhodaniens à la relance, et logiquement Soderlund touche plus de ballons dans les 35 derniers mètres (67%) que Lacazette (50%). C'est à partir de ce moment là que les joueurs de Genesio ont mis en place leur jeu pour déjouer ce pressing haut. A base de passes vers l'avant et axiales (à hauteur de 36%, alors que la moyenne lyonnaise est à moins de 30% depuis le début de saison), la possession de l'OL est pour une fois bien plus utile et efficace qu'à l'accoutumée. C'est donc la justesse technique qui va faire la différence, et ce très largement. Effectivement, à la mi-temps, quand les Verts ne réussissent que 62% de leurs passes, les Gones facturent 85% dans ce domaine. Deux joueurs symbolisent cette prise de pouvoir dans le jeu, et ont permis de jouer dans les intervalles et vers l'avant : Grenier et Ghezzal. Toujours placés en ailiers "faux-pieds", les deux lyonnais rentrent souvent dans l'axe pour laisser le couloir aux latéraux et surtout recevoir les ballons dans l'entre-jeu, afin de créer le décalage. Au final, ils jouent presque le rôle de milieux offensifs axiaux, car ils demandent beaucoup le ballon entre les deux lignes défensives des coéquipiers de Lemoine.

En effet, aux alentours de la demi-heure de jeu, le tandem avait déjà eu le ballon plus de 22 fois, dont 40% dans les 35 derniers mètres. Le n°11 de l'OL a été très percutant, provocant sans cesse, éliminant à plusieurs reprises Polomat, et rentrant pour frapper. Le technicien lyonnais a peut-être trouvé son joueur déstabilisant les lignes, en attendant le retour de Fekir. Leurs courses ainsi que leurs déplacement ont permis aux deux milieux relayeurs de retrouver leurs rôles, à savoir se projeter vers l'avant dans les espaces, et emmener leurs défenseurs avec eux. Par exemple, Tolisso a joué 53% de ses ballons dans le camp adverse en première période, et c'était souvent lui qui épaulait Lacazette sur les centres dans la surface. C'est donc une bonne prestation des hommes du président Aulas, mais qui se ponctue sur un nul vierge à la mi-temps. Car c'est une constante depuis le début de saison, l'OL est inefficace.

Être plus tueur

ASSE OL pressing Sainté

Durant les 20 premières minutes de la rencontre, les attaquants de l'ASSE pressent constamment les défenseurs lyonnais, à l'image de cette action.

 

Au jeu des Lyonnais, les Stéphanois ont répondu par l'agressivité, et c'est bien la seule chose qu'ils pouvaient proposer ce dimanche soir. La différence est nette au niveau des fautes commises, avec 25 sanctionnées côté vert contre 13 côté rouge. Et contrairement à ce que dis Clément Grenier, c'est aussi cela le jeu. Saint-Etienne ne pouvait que gagner de cette façon, n'ayant rien à proposer techniquement, et c'est bien jouer de leur part d'avoir profiter de la seule grosse erreur de relance défensive lyonnaise pour ouvrir le score. En revanche, les Rhodaniens ont toujours autant de mal à concrétiser leurs actions de buts : sur les 20 tirs, 6 seulement sont cadrés. Alors oui Ruffier a sorti quelques parades pour garder sa cage inviolée, mais sinon Ghezzal & co ont toujours autant de mal à se procurer des actions franches, à faire en sorte que le tireur se trouve dans une position idéale pour marquer. Des matchs comme ce derby, les Gones vont en avoir plusieurs jusqu'à la fin de la saison, et ce dès dimanche contre l'OM. Une équipe qui aime contrer, surtout à l'extérieur, et qui a des joueurs autrement plus dangereux devant pour sanctionner les erreurs défensives comme Batshuayi ou Nkoudou. C'est d'ailleurs là-aussi qu'il faut être plus tueur et efficace. Dans la position actuelle de l'OL, des fautes défensives de ce genre ne peuvent être permises.

Certes, l'erreur est humaine et c'est arrivé à toutes les équipes ou presque dans le football, mais il faut marquer avant pour que cela ne pénalise pas l'équipe. Cela se déroule en plus alors que l'adversaire n'est nullement inquiétant, mais aussi lorsque Lyon a un peu baissé le pied en seconde période (signe que l'équipe n'est pas encore prête pour rejouer ce jeu durant tout un match). Il s'agit donc en outre de bien gérer ses temps "faibles", mais pour cela là il faut pouvoir compter sur un matelas confortable, de sorte à ce que les joueurs soient plus sereins, surtout en défense. En tout cas, cette équipe depuis la prise de fonction de Genesio est sur la bonne voie : on avait tout d'abord loué le changement d'attitude des joueurs sur le terrain, maintenant nous pouvons dire que le jeu aussi évolue positivement, plus proche des standards de l'an dernier. Mais contrairement à Clément Grenier, on se dit que la victoire aurait été quand même plus importante.

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