Malick Fofana, ailier de l'OL
Malick Fofana, ailier de l’OL (crédit : David Hernandez)

Mercato : l’expérience était attendue, l’OL mise sur l’avenir

À la recherche de renforts durant l’hiver, l’OL s’est déjà montré actif avec quatre recrues. Seulement, ces joueurs ne répondent pas forcément à l’optique du maintien, mais plutôt à celle de l’avenir.

Quinzièmes de Ligue 1 à la trêve, trois victoires de suite, mais aucunement l’intention de revenir sur ce qui était dans les tuyaux depuis des semaines. Malgré le renouveau lyonnais sous la coupe de Pierre Sage, la direction sportive estimait que ce groupe qui n’avait gagné qu’un seul match avant la 15e journée avait besoin de renforts, ou plutôt de sang frais. Mal construit durant l’été, l’effectif de l'OL se devait d’avoir une certaine refonte avec des postes bien ciblés. L’enveloppe des 50 millions d’euros promise par John Textor laissait espérer entre cinq et six recrues. À dix jours de la fin du mercato, quatre nouveaux visages ont débarqué entre Rhône et Saône, preuve que les paroles n’étaient pas qu’en l’air.

Seulement, les arrivées d’expérience censées aider l’OL dans sa course au maintien ne sont pas au rendez-vous. Il y a bien la piste Nemanja Matic qui est toujours en stand-by, mais dans un mercato hivernal toujours compliqué où l’on fait avant tout des retouches plus qu’un grand chantier, l’OL a fait un choix : celui des bons coups. "On s’aperçoit qu’ils sont à la recherche de bonnes pioches, de bonnes idées. Ça montre que ça travaille, a noté Sébastien Grimaldi, directeur sportif de l’UF Maconnais dans TKYDG. Mais est-ce qu’il ne faut pas parfois faire des bons joueurs de championnat qui savent jouer un maintien plutôt que des joueurs venus de l’étranger. C’est un mercato très compliqué durant l’hiver."

Ce n’est pas une nouveauté, recruter en hiver des joueurs confirmés est un exercice périlleux. Les occasions sont rares et le cas Matic montre que recruter en France n’est pas chose aisée. Alors, dans la stratégie voulue par John Textor, l’OL a profité des nouveaux scouts de la cellule de recrutement pour regarder vers l’étranger, mais surtout la jeunesse. Lucas Perri et Adryelson ont certes plus de 25 ans, mais ils découvrent un nouveau pays, un nouveau continent et sont donc avant tout dans une phase d’observation, d’adaptation. "Aller chercher des joueurs à l’étranger, ça demande une adaptation rapide au championnat. Sur ces périodes-là, ce n’est pas toujours facile."

Quand l’équipe joue le maintien, ce n’est clairement pas l’idéal, mais à l’OL, on est certain d’apporter une plus-value et surtout, on voit plus loin que les simples 17 journées à jouer sur la phase retour de Ligue 1. Pourtant, le défaut était déjà noté au début de la saison et s'accentue encore cet hiver. Le noyau de joueurs entre 24 et 28 ans est quasi nul à Décines. Les arrivées de Danjuma et Yüksek rentrent dans ce moule mais là encore, ce sont deux joueurs étrangers qui seraient en pleine découverte de la Ligue 1...

Avec Malick Fofana et Gift Orban, le message est lui clair, on voit avant tout sur le long terme mais aussi sur le trading. Les deux anciens de La Gantoise ont l’avantage de connaitre le foot européen, mais à 18 ans et 21 ans sont-ils vraiment des titulaires en puissance sur les six prochains mois ? Avec la première partie de saison de l’OL, les places ne sont clairement pas garanties mais la belle série avant la trêve est finalement venue mettre une épine dans le pied de Pierre Sage. Trouver le difficile équilibre entre les statuts et la remise en question de ces mêmes statuts…

Le cas Anthony Lopes montre bien que cette balance ne tient qu’à un fil et finalement le recrutement de Perri dès cet hiver n’a pas vocation à avoir un impact immédiat. L'OL fait-il encore la sourde oreille en évitant de réellement penser à cette opération de maintien et de voir trop loin ? Dans l'intimité du club, on ne prend pas à la légère cette question de la relégation, mais diriger, c'est aussi anticiper et sur ce coup-là, on ne peut pas reprocher à la cellule de recrutement de ne pas travailler et en sous-marin qui plus est. Mais comme nous le dit si bien un agent, "recruter en voyant loin, c'est bien, mais encore faut-il être toujours en Ligue 1 la saison prochaine pour valider cette stratégie..." L'heure n'est plus qu'à espérer que ces recrues hivernales aident vraiment à changer ce visage lyonnais.

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