Trois mois après son arrivée à l'OL, Fabio Grosso continue d’innover sur certains choix, mais assure avoir une vision bien plus précise de son groupe. Que ce soit footballistiquement que physiquement.
Savoir ce que pense Fabio Grosso de Lille reste un mystère. Il faut dire que vendredi, à deux jours de la réception des Lillois, sa conférence de presse a malheureusement une nouvelle fois tourné autour des incidents avant OM - OL, mais aussi sur ce que la première victoire (0-1) à Rennes avait changé. "Pas grand-chose" pour l’Italien puisque le club lyonnais reste dernier de Ligue 1. Pourtant, il a forcément pu travailler avec un peu plus de sérénité pendant les deux semaines de trêve internationale.
Il aurait peut-être aimé surfer sur l’euphorie rennaise pour enchaîner directement sur la réception de Lille, mais ces deux semaines de travail ont finalement pu ramener tout le monde sur terre et poursuivre un travail de longue haleine depuis deux mois. "On a montré à Rennes que l’on avait des qualités pour mettre en place des choses intéressantes. On met tout en œuvre pour bien se préparer, travailler dur pour gagner un match. Parfois, ça ne marche pas, mais il est important de ne pas avoir de regrets."
Ce dimanche, l’OL reste une bête blessée qui se présente devant Lille. En jouant en clôture de la 13e journée, les Lyonnais sauront les résultats de leurs concurrents, de quoi les booster ou leur rajouter un peu plus de pression dans un stade dans lequel ils n’ont plus gagné depuis le 27 mai dernier. Mais Fabio Grosso, comme ses joueurs, n’accorde pas forcément d’importance au classement. Il sait que son club est dernier et l’OL ne pourra s’en sortir que par lui-même. Pas question donc de perdre de l’énergie à regarder les uns et les autres, l’Italien a déjà assez de travail comme ça à Décines.
Le travail physique commence à payer
Trois mois après son arrivée, il s’est permis de faire une première vue d’ensemble sur son carnet de bord. S’il n’y a qu’une victoire en six matchs, Fabio Grosso souligne des évolutions enfin visibles, notamment sur l’aspect physique et athlétique. Mardi, les joueurs ont eu le droit à une séance matinale poussée faite de fractionné et de test Cooper, avec des résultats satisfaisants à écouter le coach. "On a haussé le niveau de travail. Il faut de l’intensité et du rythme. On a beaucoup poussé les joueurs et on a des datas objectives. On a bien évolué sur le plan physique. On veut évoluer encore. Souvent, l’aspect physique est lié à l’aspect mental."
Mentalement, la victoire à Rennes a fait du bien, c’est un fait. Est-ce un déclic ? Le mot semble fort, mais ce succès a permis à Grosso d’appuyer sur des principes qu’il tente de mettre en place depuis trois mois. Il est bien plus facile de faire passer un message en des temps positifs que négatifs. On ne peut pas dire que le ciel soit totalement bleu au-dessus de Décines, mais il y a au moins eu une éclaircie depuis ce retour de Bretagne. En plus de la victoire, Fabio Grosso s’est montré satisfait de l’entrée des remplaçants, un point qu’il souhaite prédominant dans sa stratégie de match. "Dès que tu as des joueurs qui rentrent de cette façon, c’est plus facile et ça augmente les chances de gagner."
Un vestiaire plus à l'écoute et concerné depuis Marseille ?
Certains choix peuvent encore être soumis à débat comme la mise sur le banc de Lacazette mais Fabio Grosso semble avoir aujourd’hui une vraie vision de son groupe. Vendredi, on a pu l’entendre parler de manière plus spécifique et ciblée sur certains joueurs, preuve que son audit est désormais terminé. Ce n’est pas pour autant qu’il va s'appuyer sur les onze mêmes joueurs à chaque match. "Il était très important pour moi de voir tous les joueurs, car il arrive toujours un moment où tu vas devoir utiliser ceux qui jouent moins. Ils sont tous importants, ils peuvent tous nous aider pour aller chercher des points sur une longue période. Bien sûr que c’est bien d’avoir une équipe type, mais il faut la bâtir."
Avec 22 joueurs utilisés en 6 matchs, Grosso a ratissé large pour concerner tout le monde. Il n’y a qu’à voir les absences de Nicolas Tagliafico et Corentin Tolisso ce dimanche pour comprendre que chaque joueur doit apporter sa pierre à l’édifice. Cette politique avait eu du mal à être vraiment comprise pendant deux mois avant les incidents à Marseille. Un malheur pour l’OL, mais surtout pour le coach italien dont il en est finalement ressorti grandi au sein de son vestiaire. Seule la vérité des résultats lui donnera raison, mais dans son projet, Fabio Grosso voit enfin des avancées "même si tout ne se fera pas en un jour".

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