Dimanche, Pierre Sage a voulu surprendre le PSG en abandonnant son 4-1-4-1 pour un 4-2-3-1 porté vers l’offensive. Une stratégie ambitieuse, mais qui a vite été mise à mal.
Il y a une chose qu’on ne pourra pas lui reprocher : celle de ne pas avoir tenu ses paroles. Vendredi, Pierre Sage avait annoncé vouloir pousser le PSG à faire ce qu’il n’aime pas, à savoir ne pas avoir la possession et courir. Ça ne s’est pas vu pendant 90 minutes, bien évidemment, mais l’entraîneur lyonnais avait pourtant mis en place une formation résolument portée sur l’offensive. Avec la titularisation de Rayan Cherki en lieu et place de Corentin Tolisso, Sage a délaissé son 4-1-4-1 pour un 4-2-3-1 ambitieux au Parc des Princes. Était-ce le bon moment pour se montrer aussi véloce dans les intentions offensives ?
Le résultat final (4-1) montre clairement que non, mais quand certains peuvent se renier en affrontant le club parisien, Pierre Sage avait choisi de rester fidèle à ses principes, voire un peu plus. Malheureusement, ça n’a pas été suivi d’effets avec ce large revers et une place perdue au classement. Il y a un peu plus d’un an, Laurent Blanc avait eu une stratégie à l’opposée en posant très clairement un bus dans le camp lyonnais avec un 3-4-1-2. Il avait refusé le jeu et était pourtant reparti de Paris avec trois points. Douze mois plus tard, l’un de ses (nombreux) successeurs a choisi un autre parti pris et l’ambition initiale n’a pas connu le succès escompté, que ce soit dans le jeu ou au niveau comptable.
L'OL paie son entame ratée plus que sa tactique
Il faut dire qu’en encaissant un but après seulement trois minutes de jeu, puis un deuxième trois minutes plus tard, l’OL s’est clairement tiré une balle dans le pied contre le PSG. Paradoxe de la situation, ces deux buts ne sont pas intervenus sur une possession à outrance des Parisiens, mais bien sur un CSC de Matic et un corner. Sur ce dernier, Alexandre Lacazette est coupable d’avoir laissé Beraldo le devancer pour faire le break après à peine dix minutes de jeu. Plus que tactiquement, c'est avant tout dans la tête que les Lyonnais ne sont pas rentrés dans cette rencontre.
L’OL avait beau être l’équipe la plus en forme de 2024, il ne peut pas non plus faire des miracles toutes les semaines, encore moins face à un demi-finaliste de Ligue des champions. Pourtant, Pierre Sage a fait le choix de ne rien changer. Fidèle à ses convictions, il a maintenu un 4-2-3-1 qui n'a cependant pas répondu présent pour cet exercice capital jusqu'à la pause. Avec seulement deux milieux défensifs, la défense lyonnaise a subi des vagues parisiennes pendant 45 minutes avec comme dynamiteur Bradley Barcola, plutôt motivé à l’idée de retrouver son club formateur.
Maxence Caqueret n’a pas réussi à trouver la bonne carburation, tandis que Nemanja Matic est avant tout précieux dans la distribution plus que dans le tout pressing. "La première période a été difficile et mes choix peuvent être questionnés, a tenu à souligner le coach. Il y a eu un déséquilibre entre notre manière de défendre et d’attaquer. Il y avait des choses à faire sur le plan offensif, mais ça aurait possible en défendant mieux." Toutefois, dans cette première mi-temps qui a tourné au cauchemar avec quatre buts encaissés, l’OL a tenté d’exister grâce à certaines séquences de pression plutôt bien senties.
Un milieu trop vite transpercé
Cela reste maigre à l’échelle de 90 minutes, mais les Lyonnais n’ont pas eu peur d’aller presser haut pour tenter de récupérer dans le camp adverse. "Le plan de jeu n'a pas eu le temps d'exister mais, quand il a pu être en oeuvre, on a été dangereux." Cela a fonctionné par séquence, mais aussi montré les limites de cette équipe. Une fois le premier rideau passé, le PSG avait tout le loisir d’aller à l’assaut du but d’Anthony Lopes qui n’a, paradoxalement, pas eu grand-chose à faire. L’OL l’avait déjà montré sur les derniers matchs et cela a été encore plus criant contre un adversaire du calibre des joueurs de Luis Enrique.
L’équilibre est encore trop précaire, notamment au milieu de terrain. D’ordinaire, les Lyonnais sont trois à tenter de colmater les brèches. Dimanche soir, ils n’étaient que deux, Cherki n’étant pas forcément utile à la tâche. Cela se paye cash et Pierre Sage, comme ses joueurs, a payé pour apprendre. L’OL aurait aimé rivaliser avec le PSG, mais il s’est bien entendu rendu compte de l’écart, tout en sachant que Kylian Mbappé ou Ousmane Dembélé n’étaient pas sur la pelouse au coup d’envoi.
Il ne faudra pas prendre cette défaite pour argent comptant dans un mois à Lille, mais cela peut malgré tout permettre de tirer quelques conclusions. Qui pourront servir en finale de la Coupe de France, mais aussi dès dimanche prochain contre l’AS Monaco. Car là encore, les coéquipiers d’Alexandre Lacazette ont un gros morceau qui les attend. À la différence que ce ne sera pas un match bonus comme pouvait l’être le PSG. "Cette défaite ne doit pas remettre en cause notre parcours."

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