Paulo Fonseca, à l'entrainement de l'OL
Paulo Fonseca, à l’entrainement de l’OL (Photo by OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP)

OL : intensité et rythme, les maîtres-mots de la trêve

Au "repos" pendant trois semaines, l'OL doit compenser l'absence de matchs autrement. Ce sera tout l'enjeu de la deuxième moitié de la trêve.

Entre la démonstration rennaise du 19 septembre (4-0) et la prochaine journée de Ligue 1 à Lens (le 9 octobre), 20 jours se seront écoulés. C'est une des nouveautés cette année, la FIFA a combiné les trêves de septembre et d'octobre en programmant une seule coupure, mais sur trois semaines. Pour l'OL et les clubs, cela change énormément de choses. "Oui, ça commence à peser un peu, ça fait long. Trois semaines sans intensité forte, c'est beaucoup", estime d'ailleurs Xavier Frezza, préparateur physique pour des athlètes de haut niveau, dont des footballeurs.

Du côté lyonnais, treize membres du noyau dur de l'équipe sont partis en sélection. Pour eux, la question ne se pose pas. Ils seront dans l'allure, voire pour certains peut-être un peu fatigués, à leur retour. Mais pour les autres, il est primordial de ne pas s'endormir. "Ce qui sera important, c'est de conserver le rythme et l'intensité. À l'entraînement, le tempo est forcément moins soutenu, donc il sera crucial sur certaines séances d'en mettre davantage. Pour moi, c'est le principal domaine à surveiller", poursuit notre interlocuteur.

Pour les rescapés*, le staff a d'abord songé à les faire enchaîner jusqu'à mercredi avant un long week-end. Finalement, et peut-être que le succès face à Rennes a joué dans cette décision, il a choisi de leur donner une semaine de libre. Ce dont ils ne devraient pas se plaindre, eux qui ont disputé dix matchs déjà depuis le 4 août. "Ça permet de soigner les premiers bobos et de récupérer un petit peu de cette première partie de saison, insiste Miloud Ayad-Zeddam, coach et cofondateur de l'Uniqe Club, une salle de fitness à Lyon dont Corentin Tolisso est un des associés. Ils ont commencé tôt avec les tours préliminaires donc ça permet de couper un petit peu, mais le sujet majeur, c’est de garder le rythme."

On en revient donc toujours à ça. Mais comment faire, alors que l'effectif est quasiment réduit au minimum ? Avant le duel contre les Bretons, Paulo Fonseca avait confié qu'il était nécessaire de reposer les corps. Mais qu'ensuite, lui et ses adjoints allaient "entamer une autre forme de travail, des ateliers avec les cinq ou six joueurs qui nous restent. L’organisation est difficile et le boulot sera plus individuel."

Ce que recommande d'ailleurs Xavier Frezza. "Avoir autant de temps dans l'année, c'est aussi un luxe, même s'il manque les internationaux. Justement, c'est propice au travail individuel. Prendre le temps, comme il y a moins de monde, de faire des formules sur mesure, affirme-t-il. Ça peut être sur du foncier, de la mobilité, de l'explosivité… Certaines choses peuvent être faites chez soi, mais pour d'autres, c'est intéressant de le faire sous l'œil d'un professionnel."

Pour nos deux intervenants, disputer un amical - ce que fera Lens contre le Standard de Liège le 2 octobre - aurait été intéressant. Mais si l'entraîneur portugais a expliqué sur le ton de la blague "qu'ils n'allaient pas jouer aux cartes", l'OL ne participera pas non plus à une affiche de préparation. Trop peu d'éléments sont disponibles, et la réserve affrontera Jura-Dolois le 3 octobre. "Ça aurait été l'idéal, mais ce ne sera pas le cas. Donc il va falloir garder l’intensité qu’ils avaient avant la coupure. Avec quelqu’un derrière soi, c’est toujours plus simple, même quand on est professionnel", constate Miloud Ayad-Zeddam dans Tant qu'il y aura des Gones. Son confrère abonde : "Un amical peut faire une différence, apporter un plus. Car on a beau préparer des oppositions internes, ça ne sera pas tout à fait pareil."

Objectif donc, maintenir un niveau d'activité suffisant tout en rechargeant ses batteries. Un savant mélange à trouver entre repos et divers exercices comme de la course, le vélo ou la natation... "pour entretenir la cadence au niveau cardio-vasculaire", expose le responsable de l'Uniqe Club. De retour lundi en petit comité, les Lyonnais vont avoir deux semaines pour élaborer tactiquement et physiquement le déplacement à Bollaert. Attention au redémarrage, que ce soit dans les deux - trois jours à venir, et ensuite en compétition.

Au-delà du maintien en forme des Rhodaniens non appelés, Paulo Fonseca a évoqué le défi que représentait une reprise dès le vendredi. "Le plus difficile, ce n’est pas maintenant, ce sont les deux jours avant la prochaine confrontation. Les joueurs reviennent de la sélection et il n’y a qu’un jour pour se préparer. Puis il y a différentes situations, la fatigue du voyage, celle liée aux rencontres , la déception de celui qui n’a pas joué... C’est compliqué à gérer car nous n’avons pas de temps." Ce point-là est souvent l'apanage des formations du haut du tableau qui comptent de nombreux internationaux. Ce à quoi aspire l'OL.

*Tolisso, Duranville, Abner, Tessmann, Morton, Ouedraogo, Kluivert, Mata et Descamps.

Avec Gwendal Chabas.

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