Karl Toko-Ekambi (OL)
Karl Toko-Ekambi (OL)(Photo by OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP)

OL : le banc ne doit plus rester assis

Facteur X au début de la saison, les remplaçants ont eu du mal à se montrer impactants depuis. Hormis Jeff Reine-Adelaïde et Rayan Cherki, les entrants n’arrivent pas à bouleverser la hiérarchie.

Déjà une semaine passée. Il y a dix jours, l’OL terminait son année 2022 avec un nul frustrant contre Nice. Depuis, certains sont partis en sélection que ce soit à la Coupe du monde ou avec les Bleuets. L’attaque de cette nouvelle semaine représente les derniers moments de repos pour les Lyonnais avec une reprise de l’entraînement fixée vendredi à Décines avant un départ à Murcie pour un stage deux jours plus tard. Pendant que ses joueurs rechargent les batteries, Laurent Blanc doit lui cogiter. Plutôt certain de ses idées, il doit désormais convaincre tout le monde. Aussi bien ses joueurs que l’environnement lyonnais. Les cinq derniers matchs étaient avant tout guidés par l’urgence de points plus que par l’image renvoyée par l’OL dans le jeu. Les prestations collectives ont d’ailleurs montré que les maux lyonnais n’étaient pas du simple fait de Peter Bosz.

Au contraire, le club rhodanien était plus offensif que depuis l’arrivée de Blanc, bien plus pragmatique pour ses débuts et la connaissance de son groupe. La trêve hivernale ne changera pas le visage de l’OL en un claquement de doigts tant le problème semble profond et remonter à plus que quelques mois. Néanmoins, cette nouvelle préparation presque salvatrice doit remettre à niveau sur le plan physique, mental mais aussi technique. Pour un club comme l’OL, le déchet est bien trop important dans le camp adverse et aux abords de la zone de vérité pour espérer remonter la pente. Les titulaires ont leur part de responsabilités mais force est de constater que le banc est loin d’apporter cette étincelle au moment des diverses entrées.


Blanc a ciblé le problème dès son premier match


Jeff Reine-Adelaïde entreprenant avant sa blessure pour le dernier match contre Nice ou Rayan Cherki sur un courant alternatif peuvent être exemptés mais le constat global est pourtant loin d’être reluisant. Pourtant, au début de la saison, l’apport des remplaçants étaient clairement vu comme un facteur X avec comme point d’orgue le victoire contre Angers. "L’entrée des remplaçants, c’est exactement ce qu’on veut, ce n’est pas toujours facile surtout dans la tête mais quand ils rentrent, il faut le faire comme ils ont fait dans cette rencontre", s’était enthousiasmé Peter Bosz à l’époque.

A la lecture de l’effectif, l’OL a clairement une profondeur de banc qui doit permettre de faire la différence à chaque match. Malheureusement, depuis ce match début septembre, difficile de trouver des joueurs qui réussissent à se montrer décisifs. Les actions décisives de Reine-Adelaïde, contre Lille avec Lepenant, et Cherki se limitent d'ailleurs aux derniers matchs après un sommeil de sept matchs. Ce n’est pas pour rien qu’après son premier match à la tête de l’équipe que Laurent Blanc s’était permis de critiquer sans prendre de pincettes l’entrée de ses joueurs lors de Rennes - OL. Des changements qui avaient fini par couler les Lyonnais avec un duo Faivre - Da Silva coupable sur le troisième but rennais, quelques minutes après leur entrée. "Les remplaçants n'ont pas apporté ce que l'on aurait espéré qu'ils apportent. On a fini avec beaucoup de joueurs offensifs à Rennes mais on n'a pas eu le ballon. Je ne vais pas juger le match de Rennes devant vous mais j'attends mieux."


Des titulaires presque dans un fauteuil


Depuis ? On ne peut pas dire que les remplaçants aient fait changer d’avis le nouveau coach. Romain Faivre, en perte totale de confiance, est l’ombre du joueur acheté 18 millions d’euros à l’hiver dernier et censé être une alternative au départ de Lucas Paquetà. Dans son désir de se montrer, l’ancien Brestois accumule les tentatives individuelles sans succès et une certaine nonchalance. Destitué de son statut de titulaire indiscutable, Karl Toko Ekambi arrive encore moins à se montrer décisif sur 25 minutes que lorsqu’il démarrait les rencontres (4 buts en 15 matchs), tout comme Tetê "victime du système" d’urgence de Blanc mais qui a pourtant les caractéristiques techniques pour créer la panique chez des adversaires sur les rotules.

Les réactions d’orgueil attendues ou souhaitées pour ces joueurs restent en attente et c’est un problème même s'il est toujours difficile de rentrer dans un match et de tout de suite se montrer décisif. Seulement, il y a des attitudes qui peuvent à un moment ou l'autre rattraper le manque d'impact dans les statistiques. Sans dire que l’OL ne joue actuellement qu’à 13-14 joueurs, l’émulation que peut créer une concurrence positive n’est pas au rendez-vous et empêche tout le monde de tirer vers le haut avec des titulaires presque assurés de l'être le match suivant. C’est pourtant de ça qu’aurait besoin l’OL pour retrouver les sommets. Des ’"impact player" sur 90 minutes avec des remplaçants qui doivent maintenant devenir des alternatives crédibles et pas seulement sur le papier.

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