Recruté après l’échec du dossier Tyrell Malacia, Nicolas Tagliafico est bien plus qu’une solution de repli. En l’espace de trois mois, le latéral argentin a mis tout le monde d’accord à l’OL.
C'est ce qui s’appelle un mal pour un bien. Au début du mercato estival, l’OL est rapidement devenu la risée des réseaux sociaux avec le dossier Tyrell Malacia. Le latéral gauche néerlandais avait été érigé comme la cible prioritaire du club pour le poste de latéral gauche. Tout semblait ficelé avant que Manchester United et surtout les agents du joueur ne jouent un double jeu. Dans ce contretemps fâcheux, l’OL a finalement pu attirer ce que beaucoup voient aujourd'hui comme la meilleure recrue lyonnaise de l’été. Pourtant, après avoir pris le temps de la réflexion et laisser croire à un nouveau dénouement négatif aux supporters, Nicolas Tagliafico avait été accueilli avec scepticisme entre Rhône et Saône.
Trois mois après, tout le monde a vite changé d’avis. En l’espace de douze journées, l’Argentin a mis le Parc OL à ses pieds. A ceux qui ne voulaient pas s’enflammer après son but contre Troyes lors de la 3e journée, il a montré qu’il pouvait garder ce niveau sur la longueur. Après une saison avec Emerson, plutôt neutre, les supporters continuent de découvrir le sens du sacrifice de Tagliafico. Elu top dans la défaite à Rennes, l’ancien de l’Ajax aurait pu encore l’être face à Montpellier.
Un alliage d'expérience et de roublardise
Deux matchs où son apport offensif a été bien plus important que sous Peter Bosz. S’il avait été séduit par la philosophie du technicien néerlandais, c’est sous Blanc que l’international argentin semble donner la pleine mesure de son potentiel offensif. En attestent ses (presque) deux passes décisives contre Rennes dans ce couloir gauche qui lui est désormais exclusivement réservé.
"Depuis qu’on a sorti Toko Ekambi, on lui a libéré le couloir et il peut apporter sa dimension offensive. Toko se servait à chaque fois de l’appel de Tagliafico pour entrer dans le coeur du jeu. Il ne le servait jamais pour qu’il puisse faire des centres, a noté Nicolas Puydebois dans Tant qu’il y aura des Gones. Avec Dembélé et Lacazette dans la surface, on marquera des buts."
Depuis le début de la saison, Nicolas Tagliafico n’a loupé aucune des minutes lyonnaises. Pour un joueur à la relance après une dernière saison en dedans à l’Ajax, le pari est pour le moment réussi. Il ne ménage pas ses efforts à l’image de ses nombreux appels dans le vide dans le 4-3-3 de Bosz et a cette "intelligence" sud-américaine de casser le jeu quand il le faut avec des fautes utiles ou un petit tirage de maillot par-ci, par-là. Quand Malacia, qui n'a joué que 45 minutes depuis plus d'un mois, aurait ajouté encore un peu plus de jeunesse (23 ans) à la défense lyonnaise, Tagliafico apporte son expérience d’international mais aussi un certain franc-parler comme ce fut le cas en conférence il y a deux semaines.
Discret en dehors, guerrier sur le terrain
Au pays, ses performances ne sont d’ailleurs pas passées inaperçues malgré le début de saison de l’OL. Titularisé lors des deux matchs amicaux de la trêve de septembre, le latéral sera au Qatar et un cadre. "Scaloni lui a toujours maintenu sa confiance en le sélectionnant même quand il était en difficulté à l’Ajax, confie Antonio Alvarez, journaliste argentin pour Goal. A Lyon, il ne joue malheureusement pas l’Europe mais enchaîne et se montre performant. Il voulait se rassurer et rassurer le sélectionneur, c’est chose faite."
De plus en plus adapté à la vie lyonnaise avec sa compagne et son chien, Nicolas Tagliafico, qui prend des cours de français même avant les conférences, s’est parfaitement fondu dans le décor et fait l’unanimité. Il n’était peut-être pas la recrue attendue à son arrivée mais quelque chose nous dit qu’il fait partie de ces fameux hommes de base sur lesquels veut s’appuyer Laurent Blanc…

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