En plus d’être chaotique sur le terrain, la saison de l’OL l’a également été en tribunes avec des incidents. La relation entre certains groupes de supporters et joueurs est presque au point mort alors que se profile le dernier match de championnat à domicile contre le FC Nantes.
Samedi, le Parc OL va tirer le rideau d’une saison des plus compliquées pour l’OL depuis son entrée dans l’enceinte décinoise. Pour la deuxième fois en trois ans, le club lyonnais ne sera pas en Coupe d’Europe la saison prochaine et le stade ne pourra pas vibrer au rythme des exploits européens. A la difficulté sportive des hommes de Peter Bosz s’est ajoutée celle d’une relation cassée entre certains groupes de supporters et les joueurs lyonnais. Entre le jet de bouteille contre l’OM, les incidents à Charléty en Coupe de France et les boycotts d’encouragements, la vie n’a pas non plus été un long fleuve tranquille dans les tribunes.
"Des joueurs trop dans leur bulle"
Pour la réception du FC Nantes, samedi pour la dernière à domicile, Jean-Michel Aulas prévoit un stade rempli malgré la situation sportive. Le président lyonnais espère d’ailleurs que ce match "sera une fête" et qu’aucun incident ne sera à déplorer cette fois-ci. S’il croise les doigts, c’est avant tout parce que le dernier match à domicile contre Montpellier a donné lieu à un nouveau rapport tendu entre les Bad Gones et les joueurs avec le doigt posé sur la bouche de Karl Toko-Ekambi. Une énième fracture dans cette saison. "Il y a une certaine distance qui se créé avec les sportifs de haut niveau aujourd’hui, a déclaré Cédric, président de Kop Virage Nord, mercredi dans une émission spéciale de Tant qu’il y aura des Gones. Le rapport humain n’est plus là et ça a créé des tensions qu’on n’avait pas dans le passé."
A la différence des Fenottes, toujours plus proches de leurs supporters à l’image de la séance ouverte au public ce jeudi 12 mai, un fossé s’est créé entre les garçons et les groupes de supporters que peuvent être les Bad Gones et Lyon 1950. Car, ce sont avant tout ces deux groupes qui sont dans le viseur et pointés du doigt depuis le retour des fans dans les tribunes. L’épisode avec Toko-Ekambi n’a finalement été que la goutte de trop qui a fait déborder le vase entre l’institution OL et ses supporters.
Chacun a bien évidemment ses tords et l’ironie de l’histoire se situe dans le ras-le-bol de toutes les parties dans cette relation qui n’a rien de gagnante. "Quand on essaye de saisir toutes les occasions qui se présentent même si elles sont tristes comme lorsque Karl a perdu quelqu’un de proche pour essayer de créer un rapport humain entre les joueurs et nous, ça ne prend pas d’où un peu notre agacement", a poursuivi le président des BG87.
Quelles solutions ?
Des sifflets lancés à l’encontre de certains joueurs à la stratégie du club dans les rapports entre toutes les identités, il y a beaucoup de choses à revoir. Qu'il est loin le temps de Tola Vologe où les entraînements à huis clos se comptaient sur les doigts d’une main. Désormais, c’est plutôt l’inverse. Cette saison, un seul entraînement a été ouvert au public et ne facilite pas la proximité entre les joueurs de Peter Bosz et les supporters. Derrière, tout le monde se retrouve à cran et c’est tout un club qui rentre dans un cercle vicieux afin d’éviter tout débordement comme celui observé au Parc OL.
"Quand il se passe l’affaire Toko, il n’y a aucun échange en amont ou en aval entre les supporters et le joueur. Ce n’est pas faute d’avoir essayé, d’avoir voulu déclencher des réunions avec les joueurs pour échanger sur ce qui nous plait ou pas, sur ce qui leur plait ou non parce qu’il faut aussi se positionner de leur côté pour savoir ce qui leur plait dans le stade, a avancé de son côté Joahn, capo historique des Bad Gones. Mais ça fait des années que ça n’existe plus."
Comme souvent, Jean-Michel Aulas essaye de faire les entremetteurs et de recoller les fils d’une relation rompue entre deux entités qui sont censées être le charme et l'unité d’un club. Présent en conférence de presse mercredi, le président lyonnais a assuré avoir écrit une lettre à ses joueurs afin de leur demander de jouer le jeu et de ne pas rajouter de l'huile sur le feu samedi. De leur côté, les Bad Gones ont confirmé la reprise des encouragements après le match de Bordeaux où ils n’étaient pas présents en tribunes et celui de Montpellier où ils ont fait acte de présence avant la fameuse altercation. Et une fois de plus, Jean-Michel Aulas est allé au front.
"Avec le président, on a la chance de pouvoir échanger régulièrement avec lui et quand il y a des incidents, il a le courage de venir défendre ses joueurs ou ses positions et c’est quelque chose qu’on lui reconnait bien volontiers, concède Cédric. Contre Montpellier, ça a été un discours à chaud et c’est prévu qu’on fasse le bilan avec lui à la fin de saison à froid après avoir pris du recul."
Du recul, il en faudra pour toutes les parties afin de comprendre les erreurs de chacun. Les groupes de supporters l’avouent eux-mêmes, ils ne sont pas tout blanc et auraient pu réagir différemment. Finalement, ils ne demandent qu’une seule chose : retrouver un lien avec ces joueurs qu'ils supportent par des petites actions ou attentions comme venir jusque devant les tribunes après un match et surtout voir ces derniers retrouver l’amour du maillot car "le comportement, l'investissement dans ce club est quelque chose qui ne se monnaye pas. Le respect du club doit être sincère et irréprochable." La communion observée lors du "Match des Héros" entre les Bad Gones et les champions de France 2002 a de quoi rendre nostalgique et c'est tout un club qui aspire à revenir à ces fondamentaux.
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