John Textor poussé hors d'Eagle Bidco, l'OL vers un changement de propriétaire, Michele Kang dans la boucle... Ça se bouscule à l'Olympique lyonnais, les prochains mois devraient être agités.
L'arrivée du printemps a bouleversé les choses du côté d'Eagle Football Holdings Bidco Limited, la maison mère détenant 85% du Eagle Football Group (EFG, ex-OL Groupe). Depuis le 28 mars, John Textor n'est officiellement plus le patron, remplacé par le cabinet Cork Gully, spécialiste des restructurations financières et opérationnelles. Une première étape vers un désengagement presque inévitable de l'homme d'affaires américain dont les bilans financiers sont dans le rouge.
Car ses prêteurs n'entendent pas laisser le bateau couler, ce que l'on a d'autant plus compris le 14 avril. Ce jour-là, EFG a annoncé l'arrivée d'un comité indépendant ad hoc. Son rôle, résumé grossièrement, est de gérer la cession de l'Olympique lyonnais. Enfin, on parle plutôt d'un changement "de propriétaire, puisque Eagle Bidco n'a plus les moyens d'assurer son train de vie et est en liquidation en Angleterre. Mais c'est davantage une modification du contrôle car les entités intéressées sont les créanciers, Ares principalement, et madame Kang", rappelle Malek, juriste ainsi qu'avocat de formation. Ce dernier était de passage dans Tant qu'il y aura des Gones lundi.
Le duo Ares - Kang connaît la situation lyonnaise
Serait-ce une bonne chose pour l'OL ? Plutôt oui si l'on en croit Vincent Chaudel, fondateur de l'observatoire du sport business. "Ares a les clés en main. La question pour eux maintenant est de savoir quelle est la meilleure option pour récupérer leur mise de départ. Elle se nomme, à mon avis, Michele Kang. Car présentement, si le club est revendu, sa valeur ne sera pas suffisante pour que le fonds retrouve ce qu'il a investi. Il a donc tout intérêt à l'accompagner pour qu'il retrouve de sa superbe, nous explique-t-il. Avec l'actuelle présidente, les choses s'améliorent, mais elles ne sont pas réglées, loin de là."
Par ses actions depuis son arrivée à la tête de l'institution l'été dernier, la dirigeante d'OL Lyonnes a en tout cas su rassurer beaucoup de monde. "Aujourd'hui, Ares est le maître du selon la structure qui a été bâtie, insiste Maleck. Michele Kang, elle, se charge de gérer le quotidien avec son équipe implantée à Décines. Ce sont eux qui connaissent le mieux l'Olympique lyonnais, et sont donc les plus à même de le redresser d'ici deux à trois ans, avec en tête l'échéance de l'UEFA. Surtout que désormais, dans le football, on ne se dirige pas vers des investissements massifs type fonds saoudiens, par exemple. Si c'est un rachat par quelqu'un d'extérieur, il faudra remettre beaucoup d'argent et poursuivre la restructuration."
Dans combien de temps l'OL changera-t-il de mains ?
Il faut savoir que le duo Ares - Michele Kang (et quelques autres) est privilégié pour récupérer les actions en tant que créanciers, puisqu'il faut bien les rembourser. Or, il n'y a plus beaucoup d'actifs à Eagle Bidco, excepté les clubs. Ils disposent en outre de nantissements, une garantie en nature établie lors d'un prêt. D'où cette "vente à la découpe" opérée par la société Cork Gully depuis deux semaines.
La question est de savoir d'ici combien de temps l'OL changera de propriétaire ? Un dénouement rapide serait le meilleur moyen de préparer la prochaine saison et d'éviter toute pollution à la reprise. "Ça peut aller assez vite, estime Vincent Chaudel. La complexité est surtout juridique, je pense. C'est cette partie d'échecs-là qui se joue."
Le panier de crabes avec Botafogo
Quid maintenant des conflits juridiques entre l'Olympique lyonnais et Botafogo, le "cousin brésilien" ? Un sacré panier de crabes où chacun a des dettes l'un envers l'autre et qu'il convient de mettre au clair. "L'objectif à terme est d'avoir un remboursement par compensation car les deux se doivent de l'argent. [...] On cherche à démêler le vrai du faux, c'est ce à quoi Arès et Gully travaillent", précise Malek. Trouver en définitive qui doit quoi à qui en regroupant tous les mouvements financiers, ce qui n'est pas une mince affaire. "Une fois qu'ils seront nettoyés, ils seront davantage intéressants, le bilan sera allégé et présentable."
Mais est-ce préjudiciable pour les Rhodaniens, notamment pour leur image ? "Ce n'est pas dérangeant à mon avis, confie Vincent Chaudel. Derrière ces actions en justice, les observateurs comprennent bien qu'il y a John Textor qui est en train de se faire sortir d'Eagle Bidco par Ares. L'objectif de ce dernier, qui n'a pas pour but de gérer une entreprise footballistique, est de dire 'on arrête les bêtises et on met quelqu'un capable de la reprendre et de la restructurer'. Ce qui serait le rôle de Michele Kang."
On se dirige en tout cas vers la fin de la multipropriété pour l'OL, du moins pour le moment. Et même si plusieurs modèles sont "possibles, dont certains pertinents", celui mis en musique par le natif du Missouri était "néfaste et dangereux, donc qu'il en sorte, c'est plutôt une bonne nouvelle", juge le spécialiste du sport business. Ce que bon nombre de supporters et de suiveurs lyonnais ne contrediront pas.

Est-ce qu'il y a des cas où la multipropriété fonctionne vraiment (pour les clubs) ?
Parce que entre l'exemple de l'OL, Botafogo etc... et celui de Strasbourg, Chelsea...
A part pour que les propriétaires s'enrichissent en faisant des transactions entre leurs clubs pour toucher des commissions ou arranger les copains, je ne vois que peu de résultats positifs pour les clubs concernés sur le long terme.
Ben disons qu’elle est un moyen de garder de la compétitivité contre ces fonds souverains venus déréguler le football. Mais ça dénature aussi c’est clair.
En tout cas Malek le dit avant de vendre il faudra sortir tous les cadavres des placards car on n’achète pas un chateau hors de prix sans le visiter complètement.
Il faudra encore un peu de temps avant d’y voir clair.
Et même Kang ne gardera pas l’OL normalement.
Pourtant je me dis que justement, une fois qu'on y verra plus clair, et que les comptes seront à l'équilibre sur une saison, voir dans le vert, pourquoi ne pas le garder ?
Je pense notamment à l'exemple du LOSC qui est dans le vert depuis quelques temps, il me semble qu'on prend le même chemin qu'eux !
Excellent article pour les nuls
Merci
En fait je pense que j'ai compris ce que voulait faire Textor, et pourquoi il a échoué. Il voulait faire bénéficier des droits tv français a Botafogo. A l'échelle sudam, les droits français, c'est beaucoup d'argent, donc gros impact sportif. Il l'a fait, et ça a marché (championnat et libertadores gagnés). Après quoi il aurait fait bénéficier l'ol des droits anglais, via Crystal Palace. Avec le même effet d'échelle. Les droits anglais, pour l'ol, c'est beaucoup d'argent. Une fois le cercle vertueux enclenché, chacun aurait remboursé ce qu'il doit, avec les primes de victoires, coupe du monde des clubs, ou autres, comme l'introduction à la bourse us. Molenbeek aurait été là comme un centre de formation, une antichambre, des 3 gros. Problème, Textor est un bourrin qui ne respecte rien, et il a enclenché tout ça sans avoir finalisé crystal palace.
Résultat, l'ol s'est retrouvé dépouillé. Textor s'est retrouvé en difficulté avec les instances. Il a dû forcer économiquement pour masquer les apparences et gagner du temps, notamment via le montage d'affacturage, ou une nébuleuse plus qu'etrange avec Nottingham, ol brasil et toutes ses histoires obscures. Finalement il n'a jamais réussi à concrétiser crystal palace. Le château de carte s'est effondré. Mais, pour répondre sur le schéma multipropriété, avec un club anglais dans la boucle, et une gestion saine et patiente, peut-être que ça aurait pu fonctionner. Je ne parle que économiquement, car moi non plus en tant que supporter, je n'aime pas ces mariages forcés.
Je reste persuadé que Textor est quelqu'un avec de vraies idées et un courage d'entrepreneur. Son passé professionnel le prouve. Le montage de cession des droits économiques des joueurs + affacturage, sur le papier, c'est bien vu. Mais comme c'est un gros bourrin qui ne respecte rien et n'a aucune remise en question de ses idées, ça se matérialise par du grand n'importe quoi. Lancer ses opérations sans avoir finalisé crystal palace, c'était du suicide. Lancer des cessions de droits économiques autant survalorisés, c'est inadmissible. Voire illégal. Nottingham, ça sent la fraude à plein nez. C'est une sortie importante de cash du groupe vers un tiers. Pour quel intérêt économique pour le groupe ? À mon avis, il aurait pu réussir, et faire les choses proprement. Il avait le soutien, le réseau, il était installé en Angleterre, les opérations juridiques étaient calées. Mais la personnalité de Textor a parlé. Et c'est celle-là qui l'a emmené droit dans le mur. Et nous avec.