Sa mission principale, le maintien, déjà validée, Pierre Sage a un mois pour réussir l’inconcevable, envoyer l’OL en coupe d’Europe et remporter un trophée.
Quel bilan tirerons-nous des six premiers mois de la vie d’entraîneur professionnel de Pierre Sage ? Bien sûr, même si l’OL n’entre pas dans le top 7 à l’issue du championnat et qu’il ne remporte pas la Coupe de France, il sera difficile de dire que le travail du Jurassien n’a pas été bon. De la dernière place de Ligue 1 en décembre 2023 à la 8e aujourd’hui, il a totalement transformé le visage de sa formation. Alors, grâce aux dernières semaines de compétition, il a surtout l’occasion d’embellir encore son parcours.
Il sera temps ensuite pour lui d’obtenir son BEPF et d’officialiser son avenir, lui qui est sous contrat jusqu’à la fin de l’exercice en cours seulement. “Les résultats sont là, pourquoi s’en séparer. Et puis, pour mettre qui à sa place. Vous allez le remplacer par quelqu’un au CV un peu plus important, reconnu ? L’Olympique lyonnais est loin d’être guéri, il a changé de direction, donc ne vaut-il pas mieux garder ce qui fonctionne ? Il faudra voir quel sera le mercato cet été, qui va partir, qui va rester. Les techniciens sont très souvent tributaires des footballeurs en place. On tient là une personne d’une certaine valeur, ce serait un peu idiot de s’en séparer, il faut lui faire confiance, a clamé Robert Valette, ex-dirigeant historique de l’académie rhodanienne. Puis, quel message vous envoyez en faisant ça ?”
Son discours a trouvé un écho dans le vestiaire
Sur la deuxième partie de saison, Sage a fait partie des rouages essentiels pour obtenir le maintien, mais aussi pour ambitionner plus. Cela ne payera peut-être pas à court terme, mais dès l’an prochain, le club peut (doit) viser plus haut. Or le travail réalisé actuellement à Décines a également cet objectif-là. “Je pense que son discours était plus en rapport avec les attentes des joueurs. Dans le vestiaire, il y a aussi un changement de mentalité, c’est visible. Or, le groupe est très important, a rappelé Robert Valette, passé sur le banc de la réserve entre 1996 et 2011. S’il est sain, vous pouvez aller loin. Il a aussi bénéficié de renforts hivernaux importants, même si une grande partie des recrues ne sont pas titulaires. La mayonnaise a pris.”
Aidé au quotidien par l’encadrement technicien, il a su, contrairement à certains de ses prédécesseurs, tenir un discours lui permettant de très vite remobiliser et capter son effectif à son arrivée. Une prise en main facilitée aussi par sa connaissance de l’environnement OL. “Il ne faut pas décorréler son travail de celui du staff. Avec Jérémie Bréchet, qui connaît bien Lyon et sa ville, mais aussi Jamal Alioui, qui ont connu le club avant. Ils sont au fait du contexte au sein et autour de l’institution. Au contraire, pour ses prédécesseurs qui n’étaient pas du coin, c’est difficile, car la mentalité ici est à part, a souligné l’ancien défenseur. Il faut savoir se mettre dans la peau d’un Lyonnais, ce que ne sont pas parvenus à faire Laurent Blanc, Fabio Grosso ou encore Sylvinho.”
Un bilan plus que positif aujourd'hui
A la tête d’un bilan plus que positif (16 victoires en 24 matchs toutes compétitions confondues, pour 6 défaites), Sage a néanmoins vécu quelques parties sans. Face à Marseille par exemple (3-0), ou plus récemment contre le PSG (4-1). Ce jour-là, il avait opté pour un schéma à quatre éléments offensifs, que son adversaire a très facilement contourné. “Ce changement tactique ne s’est pas avéré judicieux, certes, mais vous ne risquez pas grand-chose contre Paris. Vous perdez, même concédant quatre buts, mais le crédit, vous le conservez. Ils ne sont pas sur la même planète. Vous pouvez essayer des choses, car même en cas de défaite, c’est dans la logique, a estimé Robert Valette. A l’inverse, en gagnant, vous poursuivez la belle aventure. D’ailleurs, on n’a pas vraiment eu le temps de voir si cette option pouvait payer puisque après six minutes, il y avait 2-0.”
Lundi à Lille (21 heures), l’OL et Sage commenceront un mois de mai qui peut les emmener très haut ou au contraire, laisser quelques regrets. Mais a priori, il y aura une suite à cette aventure. De John Textor à David Friio en passant par le coach lui-même, ils ont chacun plus ou moins ouvert la porte à une continuation en 2024-2025. “Je regarde ce qui se passe, les résultats, car c’est principalement là-dessus qu’il est jugé. Quand vous avez un entraîneur qui arrive à remettre à flot comme cela un navire qui coulait, que voulez-vous dire à part : bravo ! Il n’est pas dans le moule, mais il a réussi sa mission, a salué Robert Valette. Ce qu’il a fait, c’est extraordinaire.” Et ça le sera d’autant plus si les semaines à venir sont couronnées de succès.

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